Paris, le 05 juillet 2019 – Nous vous proposons dans ce second épisode de notre #sérieportraits de découvrir Aude Moreau, milieu de terrain de l’équipe féminine de l’ASSE (D2), interviewée juste avant le début de la Coupe du Monde Féminine de Football.

Peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t’a orienté vers le foot ?

Je n’ai pas eu de déclic particulier. Il n’y avait pas de footeux dans ma famille qui aurait pu me transmettre sa passion. En fait, j’ai commencé à jouer au foot dans la cour de récré, en primaire, avec les garçons de l’école. Après la victoire des Bleus à la Coupe du monde 1998, j’ai rejoins mon premier club, le FC Les Lilas, à 8 ans. C’est un instituteur qui a poussé mes parents à m’inscrire en équipe mixte car eux ne savaient pas que ça existait.  J’ai par la suite intégré l’INF Clairefontaine et un peu plus tard le PSG, mais ça a tourné court car les études que je menais en parallèle en prépa des grandes écoles ne me permettaient pas de m’engager autant qui l’aurait fallu. J’ai finalement rejoins l’ASSE après avoir intégré l’INSA Lyon. Aujourd’hui, en plus de mon statut de joueuse Stéphanoise, je suis ingénieure commerciale au sein de la société Dalkia, spécialisée dans les services énergétiques.

On dit depuis plusieurs années que le football féminin progresse, comment le constate-tu à ton niveau ?

Il évolue dans le bon sens. Je fais partie d’une génération qui a connu  le foot féminin 100% amateur, mais depuis qu’il s’est professionnalisé et qu’il est mieux médiatisé on sent un vent porteur. Il est évident qu’il est bien mieux considéré qu’il y a 10 ans mais il subsiste des freins à son développement. Le premier est économique : le retour sur investissement est encore trop insuffisant pour les dirigeants qui investissent dans les clubs : aujourd’hui, en D1, finir 2ème ou 3ème du championnat ne vous rapporte quasiment rien. Le second frein est lié aux mentalités. Le foot féminin est incontestablement mieux reconnu qu’auparavant, mais il y a encore beaucoup de travail pour que les filles soient considérées et respectées comme elles le méritent.

La Coupe du Monde Féminine organisée en France peut-elle être un tournant pour le foot féminin français ?

Cette compétition va servir de tremplin. Déjà il y a 4 ans on avait noté une médiatisation accrue après le parcours des Bleues. Si elle ne va sans doute pas changer l’économie du football féminin du jour au lendemain, au moins elle devrait susciter des vocations auprès des jeunes filles et donc lui permettre de prendre une autre dimension.

Ressens-tu en engouement particulier autour de l’événement ?

Je suis agréablement surprise des audiences TV. 10 millions de téléspectateurs c’est quand même incroyable ! Ça montre que les Français ont envie de soutenir les Bleues. Je trouve aussi que ça récompense la communication qui a été faite autour de l’Equipe de France par ses partenaires, qui est maligne.

Quel regard portes-tu sur l’Equipe de France ?

Je suis super confiante pour cette Coupe du monde, les filles peuvent la gagner car elles ont un niveau athlétique et technique supérieur à beaucoup d’équipe. Personnellement, j’ai eu la chance de porter le maillot tricolore en équipes jeunes, j’ai même été réserviste lors de l’Euro 2013. Evidemment j’aurai aimé être sélectionnée en A mais mes choix de carrière et d’études m’ont empêché de me professionnaliser.

Quel est ton meilleur souvenir de joueuse ?

La victoire en Coupe de France avec Saint-Etienne en 2011 contre Montpellier.

As-tu une idole ? Un mentor ? Dans le football ou ailleurs ?

Zidane m’a toujours fait rêver et aujourd’hui j’adore N’Golo Kanté, parce qu’on occupe le même poste, mais aussi pour son humilité et sa vision saine du football.

 

Prochain et dernier épisode : Rendez-vous avec Kelly Gago #ASSE