Paris, le 07 juillet 2019 – Nous vous proposons pour cloturer notre #sérieportraits, de découvrir dans ce troisième et dernier épisode Kelly Gago, attaquante de l’équipe féminine de l’ASSE (D2).  Interviewée juste avant le début de la Coupe du Monde Féminine de Football, Kelly nous raconte son parcours et nous livre ses impressions sur l’évolution du football féminin.

Peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t’a orienté vers le foot ?

J’ai débuté le foot en jouant dans mon quartier de Bonneuil-sur-Marne avec mon frère et mon cousin, et de fil en aiguille j’ai fini par m’inscrire en club même si ma mère n’y était pas très favorable car elle considérait le foot comme un sport de garçons.

J’étais la seule fille de l’équipe et j’ai subi pas mal de moqueries, mais je répondais sur le terrain, et ça déménageait car j’étais très grande et imposante par rapport à eux ! Je suis resté trois ans avec cette équipe, et franchement j’y ai vécu mes meilleures années.

A 15 ans j’ai fini par quitter le club pour rejoindre le FCF Juvisy, renommé depuis Paris FC, en étant surclassée en U16, puis Saint-Maur VGA à 17 ans. J’ai participé à la montée en D1 et ma carrière a décollé lorsque j’ai été recrutée par l’ASSE, où je joue depuis 3 ans.

On dit depuis plusieurs années que le football féminin progresse, comment le constates-tu à ton niveau ?

La progression est évidente, le foot féminin a gagné en crédit et même s’il ne suscite pas le même engouement que chez les hommes, les progrès sont réels. Mais on ne se voile pas la face, le chemin est encore long avant qu’il ne décolle réellement. Il y a des signaux très positifs, comme la médiatisation TV du championnat de D1 cette saison et la professionnalisation constante des meilleures équipes. Le statut des joueuses prend chaque année un peu plus de valeur. Et puis la tenue de la Coupe du Monde en France a donné un vrai coup de boost à la discipline.

Quel regard portes-tu sur l’Équipe de France ?

Elle bonifie l’image du foot féminin, tout comme un club comme l’Olympique Lyonnais, dont les performances sont impressionnantes, et ce n’est pas un hasard si beaucoup de sélectionnées évoluent à l’OL. Les joueuses de l’Équipe de France sont non seulement brillantes mais elles dégagent une vraie force collective et attirent la sympathie du public.

Quel est ton meilleur souvenir de joueuse ?

Une participation au tournoi Pouss’Foot en région parisienne, avec mon club de Bonneuil. Nous y affrontions plusieurs équipes internationales et nous sommes arrivés en finale, match pendant lequel j’ai marqué d’une reprise de volée mémorable !

As-tu une idole, un mentor, dans le football ou ailleurs ?

Chez les filles, Amandine Henry, car on sent qu’elle donne tout au foot, et humainement elle est une vraie source d’inspiration. J’aime aussi beaucoup Amel Majri, très forte en percussion et intelligente dans ses choix. Chez les hommes, j’en pince pour MBappé, parce qu’il a tout.

Un adjectif pour définir ton club ?

Solidarité. L’ASSE est un club où les dirigeants donnent leur confiance aux joueuses et on n’a qu’une envie, c’est de le leur rendre.  A titre personnel, j’ai vécu cette saison comme un accomplissement car j’ai fini meilleure buteuse de D2. Cela a un peu atténué la déception de finir à un point de la première place et de la montée en D1.